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L’ONLCC interpelle l’UCREF sur son silence face aux soupçons de blanchiment d’argent

L’Observatoire National de Lutte Contre la Corruption (ONLCC) dénonce ce qu’il qualifie d’inaction préoccupante de l’Unité Centrale de Renseignements Financiers (UCREF) face aux nombreuses dénonciations publiques portant sur de présumés faits de blanchiment de capitaux en Haïti.

Dans une note rendue publique, l’organisation affirme ne pas vouloir rester indifférente devant ce qu’elle considère comme un manque de leadership et de responsabilité de l’institution chargée de la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

Selon l’ONLCC, malgré les multiples accusations relayées dans l’espace public contre certaines personnalités et institutions soupçonnées d’utiliser leur influence pour tirer profit d’activités illicites, l’UCREF demeure silencieuse. L’organisation regrette notamment l’absence de rapports publics ou de signalements transmis aux autorités judiciaires et policières susceptibles de donner lieu à des enquêtes ou à des poursuites.

L’ONLCC rappelle que les missions de l’UCREF sont clairement définies par la loi du 8 mai 2017, renforcée par le décret du 30 avril 2023 relatif à la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive.

L’organisation souligne également que le mandat du directeur général de l’UCREF, Me Michelin Justable, aurait expiré depuis octobre 2023. Selon l’ONLCC, cette situation suscite des interrogations au sein de la population sur le fonctionnement réel de l’institution et sur sa capacité à remplir efficacement sa mission.

Par ailleurs, l’ONLCC attire l’attention sur les difficultés croissantes rencontrées par de nombreux citoyens pour retirer des liquidités dans les banques commerciales. L’organisation affirme que les plafonds imposés sur les retraits en gourdes et en dollars alimentent les inquiétudes de la population et perturbent les activités économiques.

Dans ce contexte, l’ONLCC soulève plusieurs interrogations qu’elle estime essentielles :

  • Que devient l’argent provenant des rançons versées lors des enlèvements ?
  • Par quels circuits financiers les groupes armés financent-ils l’acquisition d’armes et de munitions ?
  • Pourquoi les institutions financières continuent-elles d’effectuer des opérations importantes en devises alors que d’importantes sommes d’origine criminelle sont présumées circuler dans le pays ?
  • L’UCREF est-elle informée du recours croissant de certains commerçants aux maisons de transfert plutôt qu’au système bancaire traditionnel pour leurs opérations commerciales ?

Pour l’ONLCC, ces questions méritent des réponses claires de la part des autorités compétentes, compte tenu de leurs implications sur la stabilité économique, le système financier et la lutte contre la criminalité organisée.

L’organisation appelle enfin l’UCREF à assumer pleinement les responsabilités que lui confère la loi en renforçant les enquêtes financières, en collaborant davantage avec les autorités judiciaires et en communiquant de manière plus transparente sur les actions entreprises dans la lutte contre le blanchiment de capitaux.

Pour authentification :
Ricardo Fleuridor
Directeur exécutif – ONLCC
E-mail : onlcchaiti@gmail.com

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