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Quand les sbires de Fils-Aimé s’en prennent à la presse

Alors que le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé peine encore à convaincre une partie de la population sur les grands engagements de son gouvernement, notamment en matière de sécurité et d’organisation des élections, un nouvel incident impliquant son dispositif de sécurité soulève de sérieuses interrogations sur le respect de la liberté de la presse en Haïti.

Depuis son arrivée à la Primature, les promesses de rétablir la sécurité et de créer les conditions nécessaires à la tenue d’élections crédibles tardent à se concrétiser. Pendant que l’insécurité continue de s’aggraver, que les enlèvements, les attaques armées et les déplacements forcés de populations se multiplient, de nombreux Haïtiens estiment que leurs préoccupations quotidiennes ne reçoivent pas les réponses attendues.

Dans ce contexte difficile, le Premier ministre poursuit ses déplacements officiels à travers le pays. Le 31 juillet 2026, lors d’une visite au Cap-Haïtien, un incident impliquant des membres de son équipe de sécurité a retenu l’attention.

Selon plusieurs témoignages, Junior Jean-Louis, journaliste caméraman de la RTNH, clairement identifié par sa carte de presse, aurait été violemment pris à partie par un agent affecté à la sécurité rapprochée du chef du gouvernement alors qu’il exerçait son travail de couverture médiatique.

Si ces faits sont confirmés, il s’agirait d’une atteinte grave à la liberté de la presse et au droit des journalistes d’informer la population. Dans une démocratie, les forces de sécurité ont le devoir d’assurer la protection des autorités publiques sans porter atteinte au travail des professionnels des médias.

Cet incident rappelle malheureusement d’autres cas où des journalistes ont été victimes de violences, d’intimidations ou d’entraves dans l’exercice de leur profession. Bien souvent, ces dossiers n’aboutissent à aucune sanction, alimentant un sentiment d’impunité qui fragilise davantage la liberté de la presse en Haïti.

Au-delà des responsabilités individuelles qui devront être établies, cet événement pose une question fondamentale : un gouvernement qui affirme vouloir renforcer les institutions démocratiques peut-il tolérer que des journalistes soient agressés alors qu’ils accomplissent leur mission d’information ?

La protection de la presse n’est pas un privilège accordé aux journalistes ; elle constitue l’un des fondements essentiels de toute démocratie. Les autorités ont désormais la responsabilité de faire toute la lumière sur cet incident, d’identifier les responsables et de garantir que de tels actes ne se reproduisent plus.

La presse haïtienne mérite le respect. Les journalistes ne sont pas des adversaires du pouvoir ; ils sont les témoins de la vie démocratique du pays. Toute violence dirigée contre eux constitue une atteinte au droit du peuple haïtien à être informé.

JEAN LOUIS FANFAN

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