Salvador en renfort contre les gangs : quand Alix Didier Fils-Aimé tente de s’attribuer les mérites d’une intervention étrangère après plus de deux ans d’échec sécuritaire

Alors que la population haïtienne continue de subir quotidiennement la terreur des gangs armés, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé semble vouloir profiter de l’arrivée des militaires salvadoriens pour se donner une image de sauveur, après plus de deux années à la tête du gouvernement sans résultats convaincants dans la lutte contre l’insécurité.

Depuis plusieurs années, Haïti est plongé dans une crise sécuritaire profonde. Les gangs armés étendent leur emprise, multiplient les massacres, les enlèvements et les déplacements forcés de population. Pourtant, malgré les promesses répétées des autorités, aucune stratégie gouvernementale suffisamment efficace n’a permis de renverser durablement le rapport de force en faveur de l’État. Les résultats restent largement insuffisants et la population continue de payer le prix de cette impuissance.

Le 18 octobre dernier, une attaque attribuée aux gangs armés, au cours de laquelle quatre militaires salvadoriens auraient été tués, a marqué un tournant dans la crise. En réaction, le président salvadorien a décidé de renforcer son engagement militaire en Haïti par le déploiement d’une force supplémentaire destinée à contribuer à la lutte contre les groupes criminels.

C’est dans ce contexte qu’Alix Didier Fils-Aimé a organisé une conférence de presse ce mardi 3 novembre 2026, donnant l’impression de vouloir capitaliser politiquement sur cette intervention étrangère.

Une démarche qui soulève de sérieuses interrogations : où était cette détermination gouvernementale lorsque les gangs terrorisaient les quartiers, massacraient des innocents et imposaient leur loi sur de vastes territoires ? Quelles mesures concrètes ont été prises pendant ces deux années pour démanteler les réseaux criminels, neutraliser leurs chefs et rétablir l’autorité de l’État ?

À défaut d’avoir présenté un bilan sécuritaire convaincant, le chef du gouvernement semble aujourd’hui vouloir endosser le costume du sauveur, alors que l’initiative militaire salvadorienne constitue avant tout une intervention extérieure face à une crise que les autorités haïtiennes n’ont pas réussi à maîtriser.

Haïti n’a pas besoin d’un Premier ministre qui cherche à récolter les dividendes politiques des efforts des autres. Le pays a besoin de résultats, d’un État qui assume ses responsabilités et d’une politique sécuritaire capable de rendre aux citoyens leur droit fondamental à la sécurité.

Les conférences de presse ne remplacent pas les résultats sur le terrain. Et pour une population qui vit depuis trop longtemps sous la menace des armes, les promesses ne suffisent plus.

FANFAN JEAN LOUIS.

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