Le journaliste Djovany Michel, secrétaire général du Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC), affirme faire l’objet de menaces et de tentatives d’intimidation depuis la publication, le 2 novembre 2026, d’une note mettant en cause l’ancien président Michel Joseph Martelly dans une affaire présumée visant à faire obstacle aux opérations salvadoriennes contre les gangs armés en Haïti.
Dans une publication diffusée ce mardi 3 novembre sur son compte X, Djovany Michel dénonce une série d’appels menaçants provenant, selon lui, de plusieurs numéros inconnus sur WhatsApp. Il indique que les individus à l’origine de ces appels affirment connaître sa localisation, dans ce qu’il considère comme une tentative de l’intimider et de le faire taire.
Le journaliste précise avoir reçu des communications provenant notamment des numéros suivants : +509 38 51 5534, +509 32 75 2895 et +509 44 16 1111.
Des accusations visant l’entourage de Michel Martelly

Au cœur de cette affaire se trouve une enquête du RHAJAC portant sur les liens présumés entre les signataires d’une lettre attribuée à l’organisation UNA-HAÏTI et l’ancien président Michel Martelly.
Selon les témoignages recueillis par le réseau, Michel Martelly aurait sollicité Jean-Philippe Vixamar, ancien directeur de la Banque nationale de crédit (BNC), afin qu’UNA-HAÏTI adresse une correspondance aux Nations unies pour demander l’arrêt des opérations salvadoriennes contre les gangs armés, avant même leur commencement.
Toujours selon les éléments rapportés par le RHAJAC, l’ancien chef de l’État aurait également promis une amnistie aux groupes armés en échange de leur soutien à une éventuelle réélection. Ces accusations, particulièrement graves, restent à confronter aux personnes mises en cause.
Djovany Michel désigne des personnes qu’il estime impliquées dans les intimidations
Dans sa déclaration, le secrétaire général du RHAJAC affirme avoir identifié Aîné Raphaël et Richardson Séraphin comme étant, selon ses informations et ses sources, liés à certaines des menaces reçues.
Il soutient que ces personnes seraient proches de Michel Martelly et exerceraient des fonctions de conseillers en communication auprès du groupe armé 400 Mawozo. Ces affirmations relèvent des déclarations du journaliste et n’ont pas été indépendamment établies.
Malgré ces pressions présumées, Djovany Michel affirme ne pas vouloir céder à l’intimidation. « Je n’ai pas peur », déclare-t-il, en assumant les conséquences de ses révélations.
Cette affaire relance le débat sur la sécurité des journalistes en Haïti, particulièrement ceux qui travaillent sur des dossiers sensibles liés à la corruption, aux réseaux d’influence politique et aux groupes armés.

