PUBLICITÉ
COMPAGNIE DIGNITE

Blocage du Grand Sud : le RHAJAC dénonce un système criminel aux ramifications économiques et sécuritaires

Le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) monte au créneau et dénonce avec vigueur ce qu’il qualifie de « système criminel organisé » exploitant depuis plusieurs années le blocage de l’entrée terrestre du Grand Sud. Selon l’organisation, cette situation profiterait à des réseaux économiques au détriment d’une population déjà fragilisée.

Dans une note de dénonciation, le RHAJAC affirme que la paralysie de cet axe stratégique alimente un circuit parallèle extrêmement lucratif, pendant que les habitants du Grand Sud subissent une aggravation continue de leurs conditions de vie.

Les révélations faites il y a environ sept semaines par Diclos Bénissoit, lors de l’émission Haïti Dekante sur Radio Télé Ginen, sont au cœur des préoccupations. Le coordonnateur du Mouvement unifié des transporteurs haïtiens (MUTH) avait alors évoqué l’existence d’un réseau impliquant des acteurs du transport maritime, des gangs armés ainsi que certains policiers corrompus, visant à empêcher la circulation terrestre entre Mariani et Gressier.

Selon ses déclarations, des propriétaires de véhicules seraient contraints de payer entre 1 500 et 3 000 dollars américains pour acheminer leurs voitures par voie maritime. Des camions de marchandises, quant à eux, débourseraient jusqu’à 500 000 gourdes pour traverser des zones contrôlées par des groupes armés.

Plus inquiétant encore, ce système parallèle reposerait sur une flotte d’au moins 32 bateaux assurant ce trajet maritime forcé. Le RHAJAC rapporte que ces opérations généreraient environ 54 millions de dollars américains par mois, alors même que la population du Grand Sud fait face à une flambée des prix et à une pénurie de produits essentiels.

L’organisation rappelle également les déclarations du Directeur général de la Police nationale d’Haïti, André Jonas Vladimir Paraison, qui avait reconnu publiquement que le blocage des routes nationales répond à d’importants intérêts économiques, dépassant le seul cadre des groupes armés.

Par ailleurs, le média Satellite509 avait déjà évoqué des soupçons de liens entre certains acteurs économiques, dont Steeve Khawly et Joël Khawly, et le système d’insécurité affectant l’accès au Grand Sud. Malgré les sanctions imposées par le Canada contre Steeve Khawly le 23 mars 2023 et les controverses liées au dossier du riz contaminé « Riz Chef », ces réseaux continueraient d’opérer en toute impunité.

Face à la gravité des faits, le RHAJAC exige l’ouverture immédiate d’une enquête policière indépendante afin de faire la lumière sur les revenus générés par ce système et sur les allégations de complicité impliquant certains agents de la PNH ainsi que des acteurs économiques.

Pour l’organisation, le maintien de ce dispositif au fil des années, sans intervention significative des autorités, renforce les soupçons d’une tolérance volontaire, voire d’une protection politique accordée aux réseaux dénoncés.

La rédaction.

Leave a Reply