Port-au-Prince, juillet 2026 – Les signataires du Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections ont publié une déclaration officielle dans laquelle ils dressent un état des lieux de la conjoncture nationale, réaffirment leur engagement en faveur de la tenue d’élections démocratiques et lancent un appel aux autorités haïtiennes ainsi qu’à la communauté internationale pour accélérer les efforts en matière de sécurité.
Réunis en assemblée, les représentants du Pacte – qui indiquent regrouper 303 signataires issus de différents secteurs de la vie nationale, avec la participation de plus de 80 % des membres à cette rencontre – affirment avoir évalué l’évolution de la situation politique, institutionnelle, sécuritaire et électorale du pays.
Une crise multidimensionnelle toujours préoccupante
Dans leur déclaration, les signataires estiment que le peuple haïtien continue de subir les conséquences d’une crise profonde marquée par l’insécurité, qu’ils qualifient de principal obstacle au rétablissement de l’autorité de l’État, au fonctionnement normal des institutions, à la relance économique ainsi qu’à l’exercice des droits fondamentaux.
Ils rappellent que les violences des groupes armés continuent de provoquer des déplacements de population, la fermeture d’entreprises, la perturbation des activités scolaires et une détérioration générale des conditions de vie.
Des progrès reconnus dans le processus électoral
Malgré ce contexte difficile, les signataires disent constater plusieurs avancées dans la préparation des prochaines élections. Ils citent notamment :
- le renforcement institutionnel du Conseil électoral provisoire (CEP) ;
- la révision du décret électoral ;
- l’approbation du budget du CEP ;
- la publication de la liste officielle des partis politiques autorisés à participer aux prochaines élections.
Ils soulignent également que plusieurs actions qui n’avaient pu être réalisées lors de la précédente transition dirigée par l’ancien Premier ministre Ariel Henry ont pu être entreprises sous le gouvernement du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, sous l’autorité du Conseil présidentiel de transition (CPT).
Toutefois, les auteurs de la déclaration précisent que cette appréciation « ne constitue ni un soutien inconditionnel au Gouvernement ni un renoncement au devoir de vigilance » qu’ils estiment devoir exercer sur le respect des engagements pris dans le cadre de la transition.
Le Pacte rappelle son fonctionnement collectif
Les signataires insistent sur le fait que le Pacte national est une œuvre collective fondée sur le dialogue, la collégialité et le respect des décisions prises par la majorité de ses membres.
Ils affirment qu’aucun membre fondateur, aucun groupe de fondateurs ou aucune personnalité ne peut engager le Pacte ou parler en son nom sans un mandat exprès de la majorité des signataires.
Le document rappelle également que tout membre qui ne partage plus les orientations adoptées démocratiquement demeure libre de se retirer du Pacte, mais qu’il ne peut continuer à invoquer cette organisation pour défendre des positions n’ayant fait l’objet d’aucune décision collective.
Un appel au Gouvernement et à la communauté internationale
Face à la gravité de la situation, les signataires exhortent le Gouvernement à poursuivre les efforts visant à créer les conditions nécessaires à la tenue d’élections dans les meilleurs délais.
Ils demandent également à la communauté internationale de respecter les engagements pris envers Haïti, notamment en renforçant :
- l’appui opérationnel à la Police nationale d’Haïti (PNH) et aux Forces armées d’Haïti (FAd’H), y compris par des moyens de soutien aérien adaptés ;
- la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS) afin qu’elle puisse accomplir efficacement son mandat ;
- la coopération internationale pour identifier, démanteler et poursuivre les réseaux criminels alimentant les groupes armés en armes, munitions et ressources financières ;
- les mécanismes internationaux de lutte contre le trafic illicite d’armes et les flux financiers qui entretiennent l’insécurité.
Un appel à l’unité nationale
En conclusion, les signataires lancent un appel aux partis politiques, aux organisations de la société civile, au secteur privé, aux syndicats, aux universités, aux organisations religieuses, à la jeunesse et à la diaspora afin qu’ils privilégient le dialogue et la défense de l’intérêt national.
Ils réaffirment enfin leur engagement en faveur de la restauration de la sécurité, du retour à l’ordre constitutionnel, de l’organisation d’élections démocratiques et de la reconstruction de l’État de droit, estimant que « le Pacte national demeure un instrument de stabilité, de dialogue et de rassemblement au service de l’unité nationale, de la démocratie et de l’avenir d’Haïti ».

