Port-au-Prince, 2 juillet 2026 – Le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) a réagi au remplacement de Gérald Remplais à la direction générale de l’Administration générale des Douanes (AGD), décidé lors du Conseil des ministres du 2 juillet 2026. Si l’organisation estime que cette décision constitue une première étape, elle soutient qu’elle demeure insuffisante en l’absence d’enquêtes et de poursuites judiciaires sur les allégations ayant entouré sa gestion.
Dans une note de presse publiée jeudi, le RHAJAC rappelle avoir, à plusieurs reprises, dénoncé ce qu’il présente comme de graves irrégularités au sein de l’AGD. L’organisation évoque notamment des allégations de trafic d’armes, de blanchiment d’argent, de vente de plus de 1 500 conteneurs sans inspection préalable, ainsi que le dédouanement de cargaisons de riz « Diri Chèf » malgré des alertes concernant leur qualité.
Le réseau souligne également avoir dénoncé des pratiques qu’il qualifie de clientélisme, de mauvaise gouvernance et de gestion opaque au sein de l’institution douanière.
Selon le RHAJAC, le départ de Gérald Remplais ne saurait, à lui seul, résoudre les problèmes dénoncés. L’organisation estime qu’en l’absence d’une enquête indépendante et de poursuites judiciaires, le changement de direction risque de ne produire aucun effet durable dans la lutte contre la corruption.
Le réseau appelle également les autorités à exercer une vigilance particulière à l’égard du nouveau directeur général de l’AGD, Walter Gabellus, estimant que seule l’application rigoureuse de la loi permettra de prévenir toute répétition des pratiques dénoncées sous l’administration précédente.
Pour le RHAJAC, la lutte contre la corruption ne peut se limiter à un simple remplacement de responsables. Elle doit, selon l’organisation, s’appuyer sur des enquêtes impartiales, des poursuites judiciaires lorsque les faits le justifient et des sanctions contre toute personne reconnue coupable de détournement de fonds publics ou d’autres actes de corruption.
L’organisation réaffirme enfin que seule une action résolue de la justice permettra de restaurer la confiance des citoyens dans l’Administration générale des Douanes, une institution qu’elle considère comme stratégique pour les finances publiques et la sécurité nationale.
Source : Note de presse du Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC), signée par son secrétaire général, Djovany Michel.

