Port-au-Prince, le 18 juin 2026 — Le Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC) tire la sonnette d’alarme face à de graves allégations de mauvaise gestion, de gaspillage de fonds publics et de favoritisme au sein de l’Office National d’Assurance-Vieillesse (ONA), dirigé depuis le 24 mars 2026 par Lovely François.
Dans une note transmise à la presse, le RHAJAC affirme avoir reçu des informations faisant état de décaissements jugés suspects, notamment un montant de 14 millions de gourdes qui aurait été mobilisé dans le cadre d’activités organisées à l’occasion de la Fête des Mères en mai 2026.
Selon les allégations relayées par l’organisation, une partie de ces fonds aurait servi à « acheter le silence » de certains militants politiques et à financer des groupes armés afin d’éviter des mouvements de contestation le 7 juin 2026, date marquant l’expiration du délai constitutionnel de 120 jours évoqué autour de la transition politique dirigée par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.
Le RHAJAC souligne que plusieurs organisations politiques et sociales réclamaient le respect de ce délai constitutionnel pour l’organisation des élections. Toutefois, ni le processus électoral ni les conditions sécuritaires n’auraient été garantis, alimentant un climat de tension politique.
L’organisation affirme également que Madame Lovely François, décrite comme proche du Premier ministre, aurait orchestré ces décaissements avec la complicité présumée de proches collaborateurs.
Pendant ce temps, rappelle le RHAJAC, de nombreux retraités et cotisants de l’ONA continuent de faire face à de sérieuses difficultés économiques, ce qui renforce les inquiétudes autour de l’utilisation des ressources de l’institution.
Face à ces accusations, le Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption réclame :
- La réalisation d’un audit indépendant sur les contrats, marchés publics et décaissements effectués depuis l’entrée en fonction de la direction actuelle ;
- L’intervention de l’ULCC, de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSCCA) ainsi que des institutions compétentes ;
- L’adoption de mesures conservatoires afin de préserver l’intégrité des éventuelles enquêtes.
Le RHAJAC rappelle que les fonds de l’ONA proviennent des cotisations des travailleurs haïtiens et ne peuvent être utilisés à des fins politiques ou personnelles.
« Aucune institution de la République ne doit échapper au contrôle citoyen lorsqu’il existe des soupçons sérieux de mauvaise gestion des ressources publiques », conclut l’organisation, estimant que le silence des autorités ne ferait qu’accroître la méfiance de la population envers les institutions publiques.
Pour le RHAJAC
Djovany Michel
Secrétaire général
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