Port-au-Prince, 7 juillet 2025 — Le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) a saisi ce lundi la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSCCA) pour exiger l’ouverture d’une enquête sur ce qu’il qualifie de grave affaire de corruption impliquant le Premier ministre de facto , Alix Didier Fils-Aimé.
Dans une correspondance adressée au président de la CSCCA, Rogavil Boisguéné, le réseau évoque une dette de cinq millions de dollars américains que la compagnie Sunrise Airways aurait contractée envers l’État haïtien. Selon le RHAJAC, cette somme découlerait de taxes non versées sur la vente de billets d’avion.
L’organisation affirme que la compagnie bénéficierait d’un traitement préférentiel injustifié, et appelle à une enquête impartiale sur les liens éventuels entre le gouvernement et l’entreprise.
Aucune réaction officielle n’a encore été enregistrée du côté de la Primature ni de la direction de Sunrise Airways.
Malgré la dette évoquée, le Premier ministre aurait, selon les dénonciateurs, octroyé à Sunrise Airways un contrat de 11 millions de dollars américains, sans qu’aucune clause de remboursement, exigence de transparence ou baisse de tarifs ne soit exigée.
Le RHAJAC dénonce ce qu’il considère comme une collusion manifeste entre le chef du gouvernement et plusieurs hommes d’affaires influents, parmi lesquels Philippe Bayard, Vioser Saliba III, Olivier Barreau et Christopher Handal.
« Comment un Premier ministre, censé défendre les intérêts de la nation, peut-il signer un tel accord en pleine crise nationale ? », s’est insurgé un membre du réseau, mettant en doute la légitimité et l’intégrité de cette opération.
Le RHAJAC exhorte les autorités à faire preuve de courage et de responsabilité face à ce qu’il qualifie de scandale d’État. « Nous demandons à la Cour supérieure des comptes d’intervenir avec rapidité et rigueur. Le peuple a droit à la vérité et à la justice », insiste l’organisation dans un communiqué.
Pour le réseau, l’avenir de la nation repose désormais sur la capacité des institutions à rompre avec l’impunité et à engager une lutte réelle contre la corruption au plus haut niveau de l’État.

