Alors que le pays s’enfonce dans une dynamique électorale incertaine, l’accès aux documents d’identification demeure un véritable parcours du combattant pour de nombreux citoyens haïtiens. Malgré les annonces officielles, obtenir une carte d’identification reste difficile, long et souvent coûteux.
Le programme « Kat ou la », présenté comme entièrement gratuit par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, fait aujourd’hui l’objet de vives critiques. Sur le terrain, plusieurs citoyens affirment devoir débourser entre 5 000 et 7 500 gourdes pour obtenir leur carte, en contradiction totale avec les engagements du gouvernement.
Lors d’une visite à l’Office national d’identification (ONI), le 24 mars 2026, le chef du gouvernement avait pourtant annoncé la disponibilité de 500 000 cartes, ainsi que la production de 250 000 autres destinées à Haïti et à la diaspora, en vue des prochaines échéances électorales.
Cependant, la réalité semble bien différente. Des témoignages concordants font état de délais pouvant dépasser deux ans pour la délivrance des cartes. Dans certains cas, les procédures ne seraient débloquées qu’après paiement de frais informels, alimentant les soupçons de pratiques irrégulières au sein du système.
Des situations similaires seraient également observées dans le traitement des passeports, où plusieurs citoyens affirment être contraints de recourir à des intermédiaires pour accélérer leurs démarches administratives.
Ces dénonciations surviennent dans un climat particulièrement tendu, marqué par l’arrestation, le 23 mars 2026, de Jean Antoine Simon Fénelon, soupçonné d’implication dans un réseau lié à la délivrance de documents officiels. Une affaire qui vient renforcer les doutes autour de la transparence des institutions concernées.
Face à cette situation, les appels à des enquêtes approfondies se multiplient, alors que la population exige des réponses claires et des mesures concrètes pour rétablir la confiance.
À l’heure où les autorités promettent des élections crédibles, une question cruciale demeure : comment garantir un processus démocratique fiable si l’accès même à l’identité légale reste entaché d’opacité et de pratiques dénoncées par les citoyens ?

