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Tensions politiques en Haïti : un navire de guerre américain au large de Port-au-Prince à l’approche du 7 février

Port-au-Prince, Haïti — Un navire de guerre américain a été signalé au large de Port-au-Prince, alors que deux patrouilleurs des garde-côtes des États-Unis assurent également une présence maritime dans les eaux haïtiennes. Cette démonstration de force intervient dans un contexte de fortes tensions politiques, à quelques jours du 7 février, date marquant officiellement la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT).

Selon les informations disponibles, l’USS Southland figure parmi les bâtiments déployés, aux côtés de l’USS Stockdale, un destroyer lance-missiles de la classe Arleigh Burke. Doté de systèmes de combat sophistiqués, ce navire est capable de mener des opérations anti-aériennes, anti-surface et anti-sous-marines. Son déploiement s’inscrit dans une stratégie plus large de l’administration américaine, qui a renforcé sa présence militaire dans les Caraïbes.

Cette arrivée survient alors que la situation politique haïtienne demeure extrêmement incertaine. Bien que le Conseil présidentiel de transition, composé de neuf membres, ait accepté en principe de se retirer à l’expiration de son mandat, certains conseillers continuent de s’impliquer activement dans des discussions liées à l’après-7 février. Une posture qui va à l’encontre des avertissements explicites des autorités américaines, lesquelles ont rappelé que le mandat du CPT prend fin sans possibilité de prolongation.

Invité de la matinale de Radio Magik9, l’ancien député Antoine Rodon Bien-Aimé a dressé un tableau alarmant des discussions en cours. Il a notamment participé, dimanche et lundi, à un dialogue initié par trois membres du Conseil — Louis Gérald Gilles, Leslie Voltaire et Edgard Leblanc — qu’il a qualifié de « chaotique ». Selon lui, certains participants cherchaient encore à se maintenir dans la transition après le 7 février, tandis que d’autres manœuvraient déjà pour obtenir de futurs postes politiques.

Ces trois conseillers font partie des cinq membres du CPT récemment frappés de restrictions de visa par les États-Unis. Washington leur reproche d’avoir ignoré les avertissements leur interdisant toute tentative de destitution du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et d’avoir persisté malgré l’annonce officielle de la fin imminente de leur mandat.

« Nous avons été clairs : aucun membre du Conseil ne peut rester », a déclaré Antoine Rodon Bien-Aimé. « Leur temps est écoulé. Ils n’ont produit aucun résultat, ils n’ont pas respecté l’accord qu’ils ont signé. Ils doivent partir. C’est pour cela que nous continuerons à exiger leur départ. »

Créé en avril 2024, le Conseil présidentiel de transition avait pour mission d’exercer provisoirement les fonctions de la présidence jusqu’à l’élection d’un nouveau chef de l’État ou, au plus tard, jusqu’au 7 février 2026. Des élections sont annoncées pour l’été prochain, mais de nombreux observateurs doutent de leur tenue effective, en raison de l’insécurité persistante et de l’emprise des gangs armés sur de larges portions du territoire.

Cette impasse politique, combinée aux rumeurs persistantes d’un éventuel retour en Haïti de l’ancien président Michel Martelly et aux inquiétudes liées à la mobilisation de certains groupes, alimente la crainte d’une nouvelle flambée de violence. Cela, malgré les efforts récents de la Police nationale d’Haïti et d’une force d’intervention appuyée par des drones, visant à rouvrir des axes routiers et à repousser les gangs armés dans la capitale.

Haïti se retrouve ainsi à la croisée des chemins, confrontée à un vide institutionnel majeur et à une fragmentation politique profonde, alors que la communauté internationale observe avec une attention croissante l’évolution de la situation.

SOURCE MIAMI HERALD.

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