Port-au-Prince,25 Janvier 2025 Haïti — L’Assemblée des signataires de l’Accord de Montana, réunie sous la bannière de l’Akò Montana, a rendu publique une position ferme appelant à l’ouverture de nouvelles perspectives politiques en Haïti, dans un contexte marqué par l’aggravation de la crise institutionnelle et sécuritaire.
Dans un document signé par les membres du comité de pilotage, les signataires estiment que les décisions récemment prises doivent permettre un changement profond dans la conduite de la transition politique. Parmi les principales orientations évoquées figure la nomination et l’installation d’un Premier ministre a.i. véritablement indépendant, affranchi de toute influence des oligarchies économiques et des agendas étrangers.
Le comité de pilotage plaide également pour un réajustement stratégique au sommet du Conseil présidentiel de transition, estimant qu’un changement de leadership pourrait s’imposer dans le respect du cadre légal, notamment dans l’hypothèse où le coordonnateur en fonction ferait obstacle à l’exécution de décisions adoptées par la majorité.
En outre, les signataires appellent à la convocation urgente des forces politiques, sociales et populaires, en vue de la conclusion, avant le 7 février 2026, d’un accord politique inclusif. Cet éventuel consensus devrait, selon eux, reposer sur les principes de justice sociale, de souveraineté nationale et d’équité, afin de jeter les bases d’une gouvernance plus légitime et représentative.
Par ailleurs, le comité de pilotage de l’Accord de Montana dénonce avec la plus grande fermeté toute tentative d’instrumentalisation de la Police nationale d’Haïti (PNH) à des fins politiques ou pour la protection d’intérêts de classe. De telles pratiques, préviennent-ils, ne feraient qu’aggraver la crise actuelle et compromettre toute perspective de stabilité durable dans le pays.
Enfin, l’Assemblée des signataires réaffirme son engagement constant en faveur d’un dialogue véritablement inclusif et responsable, rompant avec les logiques d’exclusion sociale et de captation du pouvoir par une minorité économique. Les signataires soulignent leur volonté de placer au cœur de l’action politique l’intérêt supérieur de la nation, la souveraineté du peuple haïtien ainsi que ses aspirations légitimes à la démocratie, à la dignité et à la justice sociale.
Le document est notamment signé par plusieurs personnalités membres du comité de pilotage, dont le Dr Jean Hérald Bruneau, Me Francisco Alcide, le sociologue Delson Élius, le gestionnaire Yves A. Joseph et le professeur Emso Etilus.
Dans un contexte marqué par la montée en puissance des groupes armés, la paralysie de plusieurs zones du pays et l’effritement de l’autorité de l’État, cette prise de position intervient alors que l’insécurité continue de gangrener le quotidien des citoyens. Entre déplacements forcés, activités économiques asphyxiées et peur permanente, la crise sécuritaire demeure l’un des principaux défis de la transition, rendant urgente l’adoption de décisions politiques capables de rétablir l’ordre, la confiance et la stabilité nationale
La redaction.

