Le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) tire la sonnette d’alarme face à ce qu’il qualifie de manœuvres préoccupantes au sommet de l’État. Dans une prise de position publique, l’organisation se dit vivement inquiète des intentions de certains conseillers-présidents, mis en cause ou cités dans des dossiers de corruption, qui chercheraient à prolonger leur présence au pouvoir au-delà du 7 février 2026, date marquant l’expiration de l’Accord politique du 3 avril.
Selon le RHAJAC, le Conseil présidentiel de transition (CPT), depuis son installation, n’a pas été en mesure de remplir les missions fondamentales qui lui avaient été confiées. L’organisation déplore notamment l’échec du pouvoir de transition à restaurer la sécurité nationale et à créer les conditions nécessaires à l’organisation d’élections crédibles, en contradiction avec les engagements pris envers la population.
À l’approche de l’échéance du 7 février 2026, le réseau de journalistes met en garde contre toute tentative de reconfiguration du CPT ou d’instauration d’une nouvelle phase de transition impliquant, directement ou indirectement, les mêmes conseillers-présidents. Une telle démarche serait, selon lui, assimilable à une confiscation du pouvoir et constituerait une violation de l’esprit et de la lettre de l’accord ayant encadré la transition.
Le RHAJAC rappelle que la fin de l’Accord du 3 avril implique le départ sans condition de l’ensemble des membres du Conseil présidentiel de transition, conformément aux attentes exprimées par la société haïtienne en faveur d’un retour à la légitimité démocratique.
Dans ce contexte, l’organisation exige des autorités en place des actions immédiates pour rétablir la sécurité sur l’ensemble du territoire et lancer un processus électoral libre, inclusif et crédible. Pour le RHAJAC, seule la tenue d’élections permettra de restaurer l’État de droit et de doter le pays de dirigeants légitimement élus.
Le réseau se montre catégorique : il n’est plus question d’envisager une transition supplémentaire ou un prolongement indéfini du pouvoir transitoire. Haïti, insiste-t-il, ne peut plus se permettre une « transition éternelle » au détriment de la stabilité institutionnelle et de la démocratie.
Djovany Michel
Secrétaire général du RHAJAC

